La nostalgie des années GT turbo

Il serait plus facile de comprendre la ferveur des fans de la Super Gt Turbo si nous faisions un petit historique de cette petite merveille.

Un sorcier appelé Amédée Gordini

Il est dans la tradition de la marque au losange de faire suivre une voiture de série par une version plus sportive. Cela avait déjà été le cas pour la « quatre chevaux », la R8, la R12. Seule la R16 et la 4L avaient dérogé à cette règle. Il est vrai que ces modèles avaient plutôt une vocation mi- familiale, mi- utilitaire. La régie avait à l’époque dans ses ateliers un ingénieur en chef pour s’occuper du département sport. Cet ingénieur avait pour nom que tous surnommaient gentiment : « le sorcier » Amédée Gordini.

Les débuts de la saga GT

Nous sommes en 1976 et c’est ici que commence la véritable histoire de la « GT ». La Régie Renault a la ferme intention de concurrencer la bête allemande. J’ai nommé la Golf 1 GTI. Pour ce faire la régie française a un joker : la R5 Alpine. Malheureusement pour Renault, la Gti teutonne a des arguments qui renvoient les ingénieurs français à leurs chères études. En effet, la Golf est non seulement très polyvalent, mais elle surpasse aussi de très loin sa rivale française.

Comme il était impossible de loger les 1600 centimètres cubes de la R16 dans le logement moteur de la R 5 Alpine., il fallait dare -dare trouver un plan B. Qu’à cela ne tienne, les ingénieurs vont recourir au turbocompresseur de compétition. Le moteur tient ses promesses, mais le châssis montre des défaillances manifestes.

La période de mue

Au printemps 1978, Renault lance un nouveau projet qui a trait au remplacement de la très populaire R5. Mais les designers ont beau plancher, ils n’arrivent pas à chasser de leur tête l’image de la R5. Ils dépenseront du temps et de l’énergie pour fabriquer d’innombrables maquettes, mais peine perdue. Le salut vint du coup de patte de Marcello Gandini, le Modigliani des voitures et auteur de la Lamborghini Countach.

Lutte au sommet dans la catégorie « petites sportives »

Nous arrivons au début des années 80. La lutte pour la suprématie dans la catégorie des GTI est à son apogée. Sochaux sort alors de ses cartons la 205 GTI. Celle-ci va déboulonner la Golf qui jusque-là caracolait en tête des ventes dans le segment ô combien emblématique des petites sportives. C’est Renault avec son gros turbo qui devient le challenger numéro 1 de la 205. Leurs performances sont analogues, mais la 205 est devenue le chouchou du public et la GT devra se contenter de la place d’honneur. Toutefois, les inconditionnels de Renault se réjouissent, car ils savent que la petite bombinette en a dans le ventre.

La carrière sportive de la super 5 Gt Turbo

La petite bombe de Renault était dotée de 115 chevaux avec un moteur turbocompressé d’une cylindrée de 1,4 l. C’était la version civile. Nul ne saura jamais combien développait le moteur de compétition. Toujours est-il que cette mécanique avait fait son temps et il fallut toute la dextérité du pilote d’usine Oreille pour faire briller au firmament du Groupe N la Super5 GTT. Ce pilote chevronné est même arrivé à damer le pion aux ténors de la discipline du Rallye en montant sur la première marche du podium tous groupes confondus au rallye de Côte d’Ivoire. Par ailleurs, Oreille finit deux fois champion du monde dans le groupe N.

Le Club Super5 GT Turbo

Le Club Super 5 GT Turbo est une association à but non lucratif régie par la loi de 1901. Le total actuel de ses membres s’élève à 31 personnes depuis que le club a vu le jour. Toutes ces personnes sont animées par la passion du Gt Turbo. Les propriétaires de voitures sont chaudement invités à rejoindre les rangs de cette association. Toutefois, il n’est pas obligatoire d’avoir une Super 5 GT. Tout le monde peut y adhérer moyennant une modique cotisation de 40 euros par an.

L’objectif numéro 1 du Club Super 5 GT Turbo est de faire en sorte de pouvoir mettre en place un système de communication interne afin de permettre à ses membres de partager leur passion commune. Par ailleurs, il souhaite également promouvoir un esprit de solidarité qui se traduira par une entraide spontanée. Le troisième volet des ambitions du Club consiste à assurer la sécurité de ses membres lors de leurs sorties en groupe pour s’adonner à leur passion. Des dispositions ont donc été prises pour que les voitures soient en PARFAIT état de marche. Les courses en circuit et spécialement le rendez-vous annuel à Magny Cours ne doivent être en aucun cas émaillées par des accidents.

Dernier point très important : L’association, dans le souci d’entretenir une atmosphère cordiale et conviviale accepte toutes les candidatures mais les futurs membres doivent être parrainés par un autre membre du club. Mais cela n’empêche pas que les sympathisants puissent venir lors des sorties et assister dans un premier temps en tant que spectateurs.

Pour la petite histoire

Croyez-le ou non, mais la Super5 GT Turbo a servi de support publicitaire pour le moteur turbocompressé de 1000 chevaux que Renault utilise pour la formule 1. C’est peut-être l’une des raisons pour laquelle elle devint si populaire en France et ailleurs en Europe. En effet le moteur de Renault de formule 1 brillait de mille feux à cette époque et ce n’est pas Alain Prost ni le regretté champion brésilien Ayrton Senna qui allaient le contredire. Ils avaient trusté toutes les courses et s’étaient même livrés à un duel fratricide au sein de l’écurie Mac Laren. D’ailleurs tous les critiques de l’époque s’accordaient à dire que le V10 Renault était irrésistible.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Renault_Super_5_GT_Turbo